Je continue mes témoignages de reconversion avec un parcours plus rare sur le blog que ceux de la santé : une reconversion créative, celle d’Alice, qui a fait du tricot son métier.
Après une école de commerce et 15 ans de marketing digital à piloter les campagnes publicitaires de grands sites e-commerce, Alice s’est lancée à temps plein dans son entreprise : une chaîne YouTube autour du tricot, des patrons de tricot vendus en PDF sur son site et un livre tout juste sorti.
Ce qui m’a marquée dans son histoire, c’est l’absence de révélation. Le tricot est resté un loisir, puis un petit complément de revenus, pendant des années. Le désamour pour le marketing est arrivé d’abord, avec le deuxième enfant, la pression et le management, et l’idée d’en faire son métier seulement ensuite.
Et puis il y a la question que se posent toutes les personnes attirées par une reconversion créative : est-ce qu’on peut en vivre ? Alice y répond très concrètement, avec un business model que je trouve particulièrement malin : elle a construit son activité autour du tricot sans vendre un seul pull.
Dans cet article, vous en lirez un résumé (déjà bien dense !), mais l’échange complet est à retrouver dans le podcast :
Dans cette interview, on revient sur :
- Pourquoi elle a quitté le marketing digital : perte de sens, maternité, management
- Comment elle est passée du loisir au side business, puis au temps plein
- Sa vie d’entrepreneure créative aujourd’hui : la double casquette, son business model et ses conseils pour en vivre
- Et ce qu’elle referait, avec le recul

Article rédigé par Annaick, coach en reconversion depuis 2018.
270+ accompagnements dont de nombreux vers les métiers créatifs et l’entrepreneuriat.
Ecoutez le podcast de témoignage de reconversion vers le tricot
Avant la reconversion créative : 15 ans de marketing digital, puis le désamour
Un profil sans vocation, qui trouve sa place dans le marketing
Avant de parler tricot, raconte-nous ton début de parcours : comment as-tu choisi tes études et ton premier métier ?
J’ai fait un bac scientifique puis une école de commerce, sans savoir du tout ce que je voulais faire. Aucun métier ne m’attirait particulièrement. J’avais un goût pour les statistiques (les maths de terminale, à la fin, me dépassaient un peu !) et pour les langues, et je me suis dit qu’en école de commerce, je retrouverais ce type de matières.
Mon dernier stage était en marketing digital. Ça me plaisait, mais l’entreprise n’embauchait pas derrière, et trouver un premier poste n’a pas été simple : soit je n’avais pas assez d’expérience, soit j’avais finalement trop d’études, ce n’était jamais bon.
J’ai donc repris mes études avec une année en alternance, justement pour contrer l’argument du manque d’expérience. L’agence où je l’ai faite m’a recrutée, et j’y ai passé près de 15 ans dans l’acquisition de trafic payant : je gérais les campagnes publicitaires de grands sites e-commerce sur Google et Meta.
« Je ne savais pas ce que je voulais faire », c’est sans doute la phrase que j’entends le plus en accompagnement ! Et ce métier, il t’a plu pendant ces 15 ans ?
Oui, vraiment. C’était challengeant, très dynamique : les pratiques évoluent sans arrêt, il faut continuer à se former, et j’avais une grande diversité de clients. J’étais très épanouie dans mon métier.
À côté, il y avait mon loisir, le tricot, qui est petit à petit devenu un side business. Pendant très longtemps, cet équilibre entre mon travail salarié et mon petit complément à côté me convenait très bien.
Du loisir au side business, puis au temps plein : comment Alice a fait sa transition pour une reconversion réussie vers le tricot ?

Une chaîne YouTube, puis des patrons de tricot
Entre « je tricote le dimanche » et « j’en ai fait une entreprise », il y a un monde. Moi qui ne suis vraiment pas manuelle (et ce n’est pas faute d’avoir essayé), je suis curieuse : comment c’est venu ?
Ça a été un parcours très progressif, et pas du tout intentionnel.
Personne ne tricotait dans mon entourage. Je regardais déjà des vidéos d’autres tricoteuses sur YouTube et je me suis dit que je pouvais faire pareil, pour échanger avec des personnes qui partagent ce loisir créatif. J’ai lancé ma chaîne YouTube en 2019 et, un an après, elle était monétisée : YouTube reverse aux créateurs une part de ses revenus publicitaires.
Au départ, ce n’était même pas un complément de revenu, juste de quoi acheter de la laine. Aujourd’hui encore, ce n’est pas YouTube qui me fait vivre. Mais ces sommes, il faut les déclarer, donc j’ai ouvert une micro-entreprise.
Petit à petit, j’ai commencé à vendre des patrons de tricot. J’avais été repérée par un magazine : mes patrons paraissaient d’abord dedans, puis je les mettais en vente sur mon site.
Ça me permettait d’alimenter ma passion, la laine, le matériel, sans piocher dans la cagnotte familiale. Et ça a vraiment grossi quand j’ai commencé à publier des tutos où je montre comment je fais. C’est ce qui a développé ma chaîne.
Pour les novices comme moi : un patron, concrètement, c’est quoi ?
Je crée le modèle, j’imagine le rendu final, puis je rédige toutes les étapes pour le réaliser, un peu comme une notice. C’est ce que je vends : un fichier PDF, donc un produit digital, sur mon site internet. C’est très développé aussi en couture : dans beaucoup de loisirs créatifs, on peut acheter les explications pour réaliser un projet.
Entrepreneure créative : double casquette et business model pour vivre du tricot

Pour initier la réflexion sur vos critères clés pour une reconversion, savoir si ce métier est le bon, bien rédiger votre dossier, le guide offert :

Est-ce que je suis prêt(e) ?
Osez !
Merci encore Alice pour ce partage, et plein de succès pour le livre !
Vous pouvez retrouver Alice sur sa chaîne YouTube et son livre “Oser le jacquard en rond” ISBN : 2756544043
Le parcours d’Alice montre qu’une reconversion créative peut se construire sans saut dans le vide : un loisir qui grandit pendant des années à côté du travail, une audience construite à raison de quelques heures par semaine, puis de vrais filets de sécurité au moment de passer à temps plein. Avec, en prime, un business model réfléchi, parce qu’on peut adorer créer, encore faut-il que les chiffres suivent.
Et pour découvrir d’autres parcours, illustration, fleuristerie, tissus bio et bien d’autres, rendez-vous sur mon guide des reconversions créatives et artisanales.
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Brown-out : comprendre la perte de sens au travail
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Et si c’était votre tour ?
Alors si vous vous reconnaissez dans ce désamour sans savoir encore vers quoi aller, ou si une passion créative grandit à côté de votre job et que vous vous demandez si elle peut devenir votre métier :
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FAQ – Questions sur les reconversions créatives
Peut-on vraiment vivre du tricot ou d'un loisir créatif aujourd'hui ?
Oui, mais pas toujours en vendant des produits finis. Comme Alice l’explique, un pull représente des dizaines d’heures de travail qui le rendent invendable au bon prix. En revanche, vendre la méthode (patrons PDF, formations, livres, challenges) permet de valoriser son savoir-faire à grande échelle, sans la contrainte du temps passé à produire chaque pièce.
Le bon business model est donc clé, il se réflechit en amont, pourquoi pas en combinant les formats.
Faut-il quitter son job pour se lancer dans une reconversion créative ?
Non, pas tout de suite.
Alice (et je partage totalement son avis !) recommande au contraire de ne pas démissionner sans avoir rien mis en place. Elle a construit son activité en 7 heures par semaine (une demi-heure le soir et deux à trois heures le samedi matin) pendant plusieurs années.
Comment construire un business model dans un métier créatif ?
Le point de départ est le calcul : combien de ventes faut-il pour atteindre votre revenu cible ? Notre conseil est de partir de son objectif de salaire minimum, multiplié par deux pour passer du net au brut, puis de calculer le nombre de ventes nécessaires. Si les chiffres ne tiennent pas, il faut ajuster l’offre (digitale plutôt que physique, méthode plutôt que produit, abonnement plutôt que one-shot).




