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Reconversion : se lancer comme entrepreneur, le guide complet

Devenir entrepreneur n’est plus l’exception. Selon l’Insee, près de un actif sur trois envisage aujourd’hui de se reconvertir, et une part croissante imagine ce changement en se lançant à son compte plutôt qu’en changeant de salariat.

Les motivations sont multiples : retrouver du sens, gagner en autonomie, sortir d’un environnement qui n’a plus de goût, vivre de ce qui nous porte vraiment.
Mais entre l’envie et la réussite, il y a un chemin. Et c’est sur ce chemin que beaucoup se perdent.

Quand j’ai créé AH Accompagnement en 2018, après quinze ans dans le marketing, j’ai vécu de l’intérieur ce que je vois aujourd’hui chez la plupart des personnes que j’accompagne. L’enthousiasme du début, le vertige de la double casquette, les doutes, les ajustements, les recadrages. Et la certitude rétrospective qu’on ne réussit pas une reconversion entrepreneuriale en mode “je me lance et je verrai bien”.

Ce guide réunit ce que j’ai appris en accompagnant plus de 250 reconversions, dont une part importante vers l’entrepreneuriat.

Il s’adresse à vous si vous envisagez de quitter le salariat (ou la recherche d’emploi) pour créer votre activité, et si vous voulez le faire avec méthode, pas à l’instinct.

reussir une reconversion à son compte, le guide infographie

Comprendre les enjeux d’une création d’entreprise

Pourquoi se reconvertir vers l’entrepreneuriat aujourd’hui

Le contexte des dernières années a profondément modifié le rapport au travail. La crise sanitaire, l’essor du télétravail, la quête de sens, la défiance vis-à-vis de l’entreprise classique : les déclencheurs sont nombreux.

Pour beaucoup, le projet entrepreneurial répond à un besoin précis :

Retrouver du sens. Quand votre travail actuel ne vous parle plus, créer une activité alignée avec vos valeurs devient une perspective concrète. Vous portez vous-même le sens, vous choisissez vos clients, vous façonnez votre métier.

Gagner en autonomie. Quand le management, les processus internes, les jeux politiques deviennent insupportables, l’entrepreneuriat offre un autre cadre. Pas l’absence de contraintes (loin de là), mais des contraintes choisies.

Valoriser un savoir-faire ou une expertise sous-utilisés. Beaucoup de personnes ont des appétences ou des compétences qu’elles n’arrivent plus à exprimer dans leur poste actuel. Se lancer permet de les remettre au centre.

Adapter son rythme de vie. Pour les parents, les personnes en réinstallation après une expatriation, ou simplement celles qui veulent reprendre la main sur leur emploi du temps, le travail à son compte offre une flexibilité que le salariat permet rarement.

Mais avant d’aller plus loin, il faut distinguer les bonnes raisons de se lancer des mauvaises. Parce que le déclencheur initial conditionne souvent la suite.

Les bonnes et les mauvaises raisons de se lancer

Au fil des accompagnements, deux postures se dessinent très clairement.

Les bons déclencheurs, ceux qui mènent généralement à des projets qui tiennent dans le temps :

  • Une envie claire de porter quelque chose à soi
  • Une expertise ou une appétence qu’on veut exprimer pleinement
  • Un projet de vie qui demande un autre cadre professionnel
  • Une attirance pour l’autonomie, la création, la responsabilité

Les mauvais déclencheurs, ceux qui mènent souvent au retour au salariat dans les deux ans :

  • Fuir un management toxique sans s’interroger sur ce qu’on veut vraiment
  • Vouloir “ne plus avoir de chef” sans mesurer ce que ça implique
  • Croire que travailler chez soi va régler les problèmes
  • Se lancer parce qu’on ne trouve plus d’emploi salarié

Le piège du déclencheur de rejet, c’est qu’il ne dit rien sur ce qu’on veut vraiment construire.

Il dit juste ce qu’on fuit. Et fuir ne suffit pas à porter un projet sur 5, 10 ou 20 ans.

Si vous vous reconnaissez dans un déclencheur de rejet, ce n’est pas grave. Mais c’est un signal qu’il faut prendre le temps de la clarification avant tout lancement. C’est précisément ce qu’apporte le travail de connaissance de soi que j’aborde plus bas.

Avant de vous lancer, il est essentiel de déterminer si la création d’entreprise est la solution à vos problèmes en entreprise. Cet article explore les raisons pour lesquelles vous vous sentez mal dans votre travail actuel et vous aide à évaluer si  l’entreprenariat est une solution pour trouver votre place dans le monde du travail

Existe-t-il un profil type d’entrepreneur ?

C’est une question qui revient souvent, et la réponse est rassurante : non, il n’existe pas de profil type.

Mais il y a des qualités qui aident, et des fragilités qu’il vaut mieux connaître.

Vous n’avez pas besoin d’être extraverti·e, d’aimer le risque pour le risque, ou de rêver de devenir le prochain unicorne de la tech. Beaucoup d’entrepreneurs qui réussissent sont introvertis, prudents, attachés à la simplicité de leur métier.

Ce qui aide vraiment, c’est plutôt :

  • Une certaine capacité à supporter l’incertitude, sans qu’elle vous paralyse
  • L’envie d’apprendre, parce que vous allez devoir monter en compétences sur plein de sujets
  • Une autonomie naturelle, ou au moins l’envie de la développer
  • La capacité à demander de l’aide, à s’entourer, à ne pas tout faire seul

J’ai exploré cette question des qualités attendues plus en détail dans un article dédié au profil type d’entrepreneur, notamment pour démonter quelques idées reçues qui freinent à tort beaucoup de personnes qui auraient toutes les qualités pour se lancer.

Trouver le bon projet entrepreneurial : la méthode

C’est l’étape qui décide de tout. Un projet qui ne vient pas de vous, ou qui ne tient pas debout sur le marché, ne mènera nulle part, quelle que soit votre énergie.

La démarche que j’utilise dans mes accompagnements repose sur un aller-retour permanent entre deux dimensions :

  • ce qui vous va vraiment
  • et ce que le marché valide.
  • Aucune des deux dimensions ne suffit seule.

Clarifier ce qui vous va vraiment

Ici vous pouvez explorer les 3 curseurs©

Le QUOI : ce que vous aimez vraiment faire au quotidien

Le POURQUOI : ce qui donne du sens à ce que vous faites (vos valeurs, l’impact que vous voulez avoir).

Le COMMENT : les conditions dans lesquelles vous tenez sur la durée (rythme, lieu, rapport au revenu variable, capacité à porter seul·e).

J’ai détaillé cette méthode des 3 boussoles dans un guide complet pour trouver sa voie professionnelle, avec des questions concrètes à se poser sur chaque dimension.

La double casquette : ce que personne ne dit assez clairement

Si je devais ne retenir qu’une chose à vous dire dans ce guide, ce serait celle-ci.

Quand on se lance à son compte, on ne fait pas que son cœur de métier.

On devient aussi son propre service commercial. Son propre responsable communication. Sa propre comptable. Son propre service client. Sa propre direction stratégique.

Beaucoup de reconversions entrepreneuriales qui échouent ne ratent pas sur le cœur de métier. La thérapeute est une excellente thérapeute. La photographe fait des photos magnifiques. Le consultant maîtrise son sujet.

Elles ratent sur tout ce qui va autour. Prospecter, parler tarifs, alimenter une présence en ligne, faire sa compta, gérer son temps sans hiérarchie, supporter la solitude du travail en solo, encaisser les périodes creuses.

Si vous adorez votre métier mais que l’idée de vous vendre vous donne la nausée, deux options :

  • soit vous travaillez cette posture en amont, en acceptant qu’il faudra développer cette compétence (et ça s’apprend, si on le veut un minimum).
  • soit vous envisagez d’autres modèles que le freelancing pur : le portage salarial, l’association avec quelqu’un qui aime le développement commercial, ou même rester salarié dans une structure qui vous offre plus d’autonomie.

C’est cette lucidité sur la double casquette qui distingue les reconversions qui tiennent de celles qui s’éteignent à 18 mois.

Vous pouvez creuser cette question essentielle à la réussite d’une reconversion entreprenariale dans cet article.

Explorer les projets puis les valider

Une fois vos curseurs définis, vous pourrez aller explorer les différentes pistes et projets possibles puis pour choisir LE bon projet, pour vous aujourd’hui, il s’agira d’aller donc chercher la double concordance entre vous et le marché!

 

Au-delà de la méthode, rien ne remplace les histoires vécues. J’ai eu la chance d’accompagner et interviewer des dizaines de personnes qui ont réussi leur reconversion en se lançant à leur compte. Voici quelques parcours qui illustrent à quel point les chemins sont variés :

Odile, qui a quitté un poste cadre pour se reconvertir en fleuriste. Catherine, qui exerce aujourd’hui comme sophrologue après un parcours en entreprise. Emilia, qui tient des chambres d’hôtes après une vie professionnelle très différente.

Les reconversions dans les secteurs de la santé sont aussi intéressantes à explorer, permettant un bon compromis liberté / sécurité !

Mais aussi Anne-Laure dont je parlais plus haut, dont la reconversion en pâtisserie n’a pas tenu, son témoignage est précieux parce qu’il raconte ce qui se passe quand l’étape de validation a été zappée.

Pour explorer l’ensemble des parcours par catégorie de métier, j’ai créé une page dédiée aux témoignages de reconversion entrepreneuriale qui regroupe les profils par univers : métiers créatifs et manuels, bien-être et accompagnement, hospitalité, contenu et digital.

Vérifier que le projet vous plaira vraiment

Il s’agit ici d’aller rencontrer des professionnels en exercice, faire des immersions, des stages courts, des journées d’observation. Pour vérifier que la version idéalisée du métier que vous avez dans la tête correspond bien au quotidien concret.

Le témoignage d’Anne-Laure illustre exactement ce piège : passionnée par la pâtisserie, elle s’est reconvertie en pensant retrouver la créativité qu’elle avait comme directrice artistique. Elle a découvert trop tard que travailler seule dans un labo, à reproduire les mêmes recettes, n’avait rien à voir avec son besoin réel de créativité. Son témoignage sur cette reconversion ratée est lu massivement précisément parce qu’il dit cette vérité que peu d’articles abordent : on peut adorer un produit et ne pas supporter le métier qui va avec.

Vérifier qu’il y a un marché

Ici il s’agit d’aller vérifier qu’il y a un marché, des clients près à payer, des conditions d’accès qui vous conviennent etc.

Cette phase de validation peut aussi passer par un side project, c’est-à-dire le test du projet en parallèle de votre activité actuelle. C’est une excellente option, mais elle a aussi ses pièges (le side project qui s’éternise, qui empêche d’investir vraiment, qui devient un alibi pour ne pas trancher). J’ai abordé cette question dans un article sur le side project comme test entrepreneurial.

Créer son entreprise en reconversion

Quand le projet est là, qu’on a trouvé un projet à la fois coeur et tête, il est temps de penser aux choses concrètes (celles auxquelles on pense parfois en 1er !) !

Anticiper

  • Prévoyez une rampe budgétaire de 12 à 18 mois, pas de 6. La plupart des activités mettent un an à atteindre un rythme de croisière. Sous-estimer cette durée est la première cause d’abandon des reconversions entrepreneuriales.
  • Démarrez à 80% de capacité, pas à 130%. Vous tenez 18 mois quand vous gardez de la réserve. Vous craquez en 6 mois quand vous vous épuisez dès le début.
  • Sécurisez votre filet.

Selon votre situation, plusieurs dispositifs peuvent accompagner financièrement votre démarrage : l’ARE en cas de rupture conventionnelle, l’ARCE, le maintien de l’ARE en complément d’activité, le prêt d’honneur.

Cet atelier préparé avec Maitre Gwendoline Richard, avocate, vous aidera à quitter votre entreprise et connaître vos droits et aides en toute sérénité.

Choisir le bon statut pour démarrer

Une fois le projet validé, vient une question opérationnelle qui paralyse beaucoup de monde : quel statut d’entreprise choisir pour se lancer en reconversion ?

Auto-entreprise, EI, EURL, SASU, portage salarial, coopérative d’activité… Les options sont nombreuses et chacune a ses implications fiscales, sociales et de protection et vous pouvez les retrouver sur cet article.

Pour aller plus loin

RECONVERSION : se faire accompagner, pourquoi et comment

On ne réussit pas une reconversion entrepreneuriale seul·e. C’est probablement la leçon la plus universelle que je tire de tous les accompagnements que j’ai menés et suivis pour moi !

Pas parce qu’on n’a pas les ressources personnelles pour réfléchir. Parce que le projet entrepreneurial mobilise tellement de dimensions en parallèle (technique, émotionnelle, financière, identitaire) qu’avoir un regard extérieur structuré change radicalement la trajectoire.

Trouver Sa Voie, la Grande Aventure est là pour vous aider à identifier le bon projet, challenger l’idée de quitter le salariat ou pas, faire une étude de marché, explorer les aides…

Ensuite si vous avez besoin d’un peu plus pour cette dernière ligne droite, je vous propose différents accompagnements pour répondre aux différents besoins :

Garder le CAP, le CLUB pour la motivation, l’anti-procrastination : une séance de départ pour poser vos objectifs si besoin puis un mail personnalisé chaque lundi pour que je les challenge, vous booste et un coaching de groupe tous les 2 mois pour du partage !

ENVOLE MOI ENTREPRENEUR pour faire décoller le projet au plus vite : 4 séances pour que votre projet se transforme en CA :

  • on travaille offre, ciblage, tunnels de vente : objectif 1ers clients !

ou encore une ou plusieurs séances à la carte pour vous aider à lancer ou relancer le projet !

Cette fin de parcours est souvent un moment de décrochage, alors j’ai mis le paquet dans la manière de vous aider, à la carte, au menu, faites votre choix !

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