portrait wonderwoman

Portrait d’une ex-expat, rentrée en France, mère de 4 enfants, qui travaille ! Yes we can !

marie stella charpenet

Portrait de Marie-Stella Charpenet, responsable des études marketing dans une grande société de ventes de Cosmétiques et aussi :

expatriée pendant un peu plus de 4 ans au Niger puis en Finlande

rentrée à Paris

puis partie en Province

mère de 3 garçons avec à peu près 2 ans d’intervalles et  (ENFIN !!) une fille

et qui travaille !!!

YES SHE CAN ! et je dirais même plus YES WE CAN !

L’expatriation

Marie-Stella, peux-tu me raconter ta première expatriation ? 

J’étais depuis 6 ans dans la même société dans les études marketing, j’avais envie de changement mais je ne savais pas trop quoi faire et comme mon mari voulait partir, je ne faisais pas démarches.
Je suis partie en expatriation au Niger en étant en congé parental.
Je suis arrivée avec un petit de 2 ans et un autre de 1 mois.

Je suis arrivée au Niger, pays aux antipodes de la société de consommation que je connaissais. J’ai voulu faire une pause et ne pas « re rentrer » dans une foule d’activées. J’ai pris un an pour m’habituer à ce nouvel environnement.

Et après cette première année, as-tu eu envie de faire autre chose, de retravailler notamment ? 

La 2ème année, l’ainé est rentré à l’école et j’ai commencé à rentrer dans l’associatif. Ça me prenait la moitié de mon temps tous les jours.

Je me suis posée la question de retourner dans le marketing mais je ne voulais pas retrouver toutes les contraintes, le stress. Je ne voulais pas à nouveau penser toute la nuit à mon boulot comme avant. J’avais envie de garder le confort de cette vie pendant que je pouvais, notamment de rentrer en vacances comme je voulais ce qui n’aurait pas été possible si j’avais eu un poste classique.

C’est un peu le dilemme de vouloir avoir une activité mais aussi de profiter de cette chance, de cette pause.

J’ai accepté un boulot au consulat mais en mi-temps avec des missions administratives très différentes de ce que je faisais avant en marketing.

Puis la dernière année, j’ai pris la Présidence des parents d’élèves. Ça peut paraître la blague du job d’expat mais ce n’est pas rien, il faut s’occuper des évènements, de la sécurité, des grèves. Il faut être très organisée et savoir manager des personnes très différentes les unes des autres.

Pourquoi est-ce que tu as fait toutes ces activités bénévoles ou professionnelles ? 

La 1ère année a été faite de découverte mais la 2ème année, on a un peu fait le tour du fonctionnement (comment on mange, les musées, les sorties, …) et du coup on a besoin de faire des choses pour soi, qui nous plaisent.

Mais aussi et même surtout, j’ai toujours eu en tête le retour et dans tout ce que j’ai fait, j’ai toujours eu envie de développer mes compétences, j’avais toujours peur de ne pas avoir le niveau en rentrant.

C’est pour ça aussi qu’en Finlande après le Niger,comme je ne pouvais plus vraiment faire d’associatif de la même façon puisqu’on est en Europe et que les choses sont beaucoup mieux organisées, j’ai pris beaucoup de cours d’anglais. Mon niveau était en effet moyen et que cela pouvait être un frein pour certains postes.

Au final, au delà de ces nouvelles compétences professionnelles, qu’est ce que l’expatriation t’a apporté comme « soft skills » à ton avis ? 

Je dirais :

  • Le sens de l’adaptation clairement, tu as affaire à tellement de gens tellement différents
  • L’ouverture, aller vers les autres, et ça sert tellement ensuite dans la vie ET dans le travail pour se faire un réseau, ne pas se mettre de barrière et c’est une force qu’il faut entretenir
  • Et aussi faire des choses pour soi : du théâtre, du sport. C’est quelque chose qu’on laisse de côté souvent en France quand on commence à travailler par exemple et qu’on peut retrouver en expatriation et c’est super.

Tu sais, comme moi !, que l’expatriation n’est pas toujours un long fleuve tranquille, quels conseils donnerais-tu notamment à des expats qui partent pour la 1ère fois ? 

conseils expatMes conseils :

  • Essayer de faire avec les habitudes locales même quand c’est compliqué : le respect des horaires (ou même du jour du RDV !! ) ne sont pas forcément toujours au RDV justement. Essayer de s’y faire pour ne pas faire monter le stress inutilement.
  • Ne pas trop s’en demander, s’adapter à la réalité, se laisser une période d’adaptation pour comprendre comment on va pouvoir vivre sur place : comment on va pouvoir manger, s’occuper, etc.
  • Se trouver un truc à soi qui nous plait vraiment

Le retour en France après une expatriation

retour en france après une expatriationRaconte-nous les conditions de ton retour en France

Donc normalement après le Niger, on nous avait parlé de la France mais nous sommes passés par la Finlande puis après 8 mois, retour en France ! Donc pas mal de mouvements.

Malgré tout, j’avais la chance d’être en congé parental et de pouvoir retourner dans mon ancienne société mais s’est posée la question d’y retourner justement.

J’avais en effet quitté cette société en ayant la sensation d’avoir fait le tour et aussi un peu dégoûtée par un trop plein de présentations et de clients jamais satisfaits. Mais j’avais aussi peur d’avoir du mal à retrouver ailleurs, de ne pas avoir le niveau, de ne pas y arriver.

Mais ce qui a fait pencher la balance, c’est la possibilité d’un nouveau poste dans une entité complètement différente et j’ai donc réintégré cette société.

Et alors comment s’est passée cette reprise de travail en France après une expatriation de 4 ans ? 

J’ai commencé par une énorme frustration, j’ai réintégré ma société au même salaire que 4 ans auparavant… J’avais fait plein de choses et cela n’était absolument pas reconnu. C’est comme si je n’avais rien fait de ces 4 ans pour eux.

En dehors de ce gros point négatif, l’organisation personnelle a très vite roulé mais au boulot mais je me sentais nulle, j’avais l’impression de ne pas savoir répondre aux questions, de ne pas être assez compétente…

Heureusement, mon chef en interne m’a dit que ça allait très bien et au final ça m’a permis d’aller mieux.

Si je peux me permettre une petite remarque de coach, c’est « amusant », tu leur as voulu de ne pas valoriser tes 4 ans mais toi-même tu avais peur de ne pas réussir à retravailler alors que tu n’avais quasiment pas arrêté, tu t’auto sabotais un peu. Comme quoi on peut être son pire ennemi, non ? 

Oui c’est vrai, alors qu’en plus je suis redevenue bien meilleure qu’avant. Parce qu’évidemment je n’avais pas oublié ce que j’avais fait avant même si c’est de ça que j’avais peur ! Mais en plus, j’avais fait des choses très nouvelles en partant qui me servaient énormément !

Quelles étaient ces nouvelles compétences cette fois-ci professionnelles que tu avais développées en expatriation ? 

Le management sur des types de personnes très différentes, l’organisation de temps forts où il faut fédérer, faire de la communication, animer un événement.

Et cela m’a vraiment servi ensuite justement pour fédérer les équipes sur les projets, faire travailler les équipes entre elles mieux que ce qu’elles ne faisaient.

Est-ce que tu as l’impression que si tu avais pu être accompagnée à l’époque tu aurais pu faire les choses autrement ? 

J’avais peur de changer de travail parce que j’avais peur d’être submergée par toutes les nouveautés, j’avais envie de faire autre chose mais je ne savais pas du tout ce que je pouvais faire d’autres.

Normalement j’aurais dû avoir une aide, un accompagnement pour réfléchir à cet avenir professionnel et cela ne s’est pas fait et je n’ai donc pas pris le temps de le faire …

Heureusement j’ai pu avoir un nouveau poste en interne pour ne pas avoir l’impression que ces 4 années n’avaient servi à rien. Sinon il m’aurait vraiment fallu être accompagnée pour retomber sur mes pattes.

Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui retournent travailler en France après une expatriation ? 

conseils expat

Pour ce retour, on m’avait prévenu que les gens avaient eu une vie aussi et qu’il n’était pas forcément top de raconter sa vie d’expats pendant des heures.

On a du coup beaucoup de contacts avec les anciens expats pour partager l’expérience d’expatriation à fond. Mais le retour était plutôt confortable pour nous : on avait tous les 2 un boulot et déjà un logement.

Il faut faire un petit deuil de cette vie avec un aspect beaucoup moins social avec une petite communauté beaucoup moins entourée, soudée. C’est une vie de madame tout le monde.

On a parfois envie de repartir pour revivre toute l’excitation mais en même temps de capitaliser un peu sur cette nouvelle vie plus normale.

Conseils :

  • faire le deuil d’une vie exceptionnelle pour une vie plus basique
  • être prêt au bazar administratif que vous allez faire seul !

Le départ en Province

lilleAlors à défaut d’expatriation, ton mari t’a cette fois attirée à Lille et tu as donc démissionné à nouveau ! Raconte nous ton arrivée. 

Quand tu pars en province, tu crois que tu vas partir en expat et pas du tout ! C’est une blague, ce n’est pas une nouvelle expatriation. Oui les Lillois sont accueillants mais ce n’est pas une expatriation, tu n’as pas « Lille Accueil », ensuite tu n’es pas aidée dans les démarches, …

Et ici la vie sans boulot ne s’envisage pas, les filles bossent donc il faut bosser !! Le fait de ne pas travailler et notamment dans mon domaine ne s’envisage pas.

Alors la fin est totalement spoilée puisque j’ai annoncé dans le titre que tu étais responsable études ! Mais donc comment as-tu retrouvée du travail ici ? 

A Lille, je suis arrivée avec le projet de faire un petit 4ème bébé et cela me bloquait pour chercher un boulot, je ne me sentais pas à l’aise pour postuler et annoncer dans quelques mois que j’étais enceinte. C’est personnel mais c’est comme ça ! Mais comme on ne sait jamais combien de temps va mettre un bébé pour arriver, j’ai bossé à mon compte le temps de faire ce petit bébé et j’ai commencé à chercher en fin de grossesse pour ne pas avoir de trou dans mon CV ! Mon obsession de toujours !

Entre temps, j’avais eu un accompagnement pour refaire mon CV et me préparer aux entretiens et au pitch.

J’ai envoyé des candidatures spontanées, sur 6 envois, j’ai passé 4 entretiens et le pitch tout prêt m’a vraiment bien aidée pour réussir ses entretiens, cela a vraiment fait la différence.

Pour le dernier poste qui était vraiment LE poste que je voulais, j’avais peur, je me demandais si j’avais le niveau ! Mais je m’étais préparée et ça ne s’est pas vu 😉

Et oui, toujours ce petit auto-sabotage typiquement féminin (mais pas que certains hommes peuvent avoir cette vilaine tendance, j’en connais !). Mais tu as eu le poste ! ET à TES CONDITIONS !!

Ce qui a plu c’est mon côté dynamique, adaptation, et changement !

Et j’ai demandé dès le départ un 9/10 (mercredi après-midi) pour avoir un équilibre personnel. Et cela a été accepté ! Et je pars tous les soirs à 18h parce que je n’ai pas le choix.

En revanche il m’arrive de rebrancher mon PC le soir, même si c’est mal 😉

Alors donne nous donc tes conseils de Super woman qui travaille en 9/10 avec 4 loustics qui ont entre 1 an et 10 ans et un mari qui voyage !

conseils super maman

Conseils de supermaman :

  • planning hypercarré, drive pour les courses
  • ne pas remettre à demain !
  • ne pas hésiter à demander de l’aide à son mari 😉
  • avoir une aide extérieure : une nounou temps plein la 1ère année, une femme de ménage
  • des enfants autonomisés

J’ai une chance je ne suis pas très fatiguée et j’ai souvent la pêche.

Et je continue à faire des trucs pour moi : le hockey sur glace avec mon mari tous les dimanches et j’allais oublier prendre une baby-sitter pour avoir du temps pour soi ou à 2, VITAL !

Les conseils AH Accompagnement

Le travail pour le conjoint suiveur en expatriation

En expatriation, Marie-Stella a fait le choix de l’associatif et ensuite d’un mi-temps après une 1ère année d’exploration.

Elle nous a expliqué qu’elle voulait être sûre de continuer à développer des compétences sans se remettre les contraintes d’un travail classique.

C’est un des choix possibles et il y a de nombreux autres :

  • certaines en profitent pour ne pas travailler du tout et sont très heureuses de pouvoir vraiment souffler
  • certaines choisissent de retrouver un emploi salarié « classique » quand le pays et le type de visa le permettent
  • certaines font le choix de « slasher » comme Marie Stella
  • certaines créent leur société nomade pour pouvoir emmener partout leur business

Parfois ce choix est fait par défaut parce que le pays ne permet pas autre chose, parfois c’est un vrai cri du coeur d’un projet qu’on rêvait de faire en France !

Un accompagnement est parfois nécessaire pour faire le tri ce qu’il est possible de faire, de ce qu’on a envie de faire.

Mes accompagnements peuvent vous être utiles pour

  • mettre à jour vos CV, LinkedIn … dans le cas d’un emploi salarié
  • trouver l’idée d’un quoi faire !
  • aller jusqu’à la mise en place du projet nomade : nom de société, site internet, …

Trouver du travail au retour en France après une expatriation

Marie-Stella a eu la chance de pouvoir réintégrer sa société mais cela n’est évidemment pas toujours le cas.

On a vu néanmoins qu’elle n’avait pas pu faire valoir ses nouvelles compétences notamment en terme salarial et qu’elle avait eu tendance à douter de ses capacités « intellectuelles » (alors qu’elle avait travaillé).

Un accompagnement au retour en France aurait été utile pour :

  • la mise en avant de ses compétences de manière plus claire sur son CV probablement
  • la confiance en soi pour bien intégrer toutes ses nouvelles compétences et partir sereine

et bien sûr les accompagnements Retour en France sont encore plus nécessaires quand vous avez envie d’en profiter pour changer de voie parce que l’expatriation vous a fait découvrir de nouveaux horizons !

Trouver du travail … partout s’est aussi Savoir se Vendre

Marie-Stella nous parle de l’importance d’avoir retravaillé son CV mais surtout son pitch.
Et effectivement, ces fameuses phrases d’introduction en entretien sont clés. On ne répond pas ce qui nous passe par la tête à la question « présentez-vous ».

C’est le moment de mettre du lien dans son parcours ET SURTOUT de mettre en avant ce que l’on souhaite NOUS mettre en avant.

Et cela s’apprend, se travaille, se répète !

Confiance en soi

On l’a vu Marie-Stella nous dit souvent qu’elle a eu peur, qu’elle doutait de ses capacités mais qu’elle y est allée et c’est le plus important.

Dans tous mes accompagnements, j’ai ajouté le BONUS « Confiance en Soi » pour vous donner des travaux pratiques pour développer votre confiance en soi par l’action.

Il est en effet important de comprendre qu’on manque de confiance, à la rigueur pourquoi mais il est surtout important qu’elle ne nous bloque pas et donc d’agir quand même !

Trouver sa voie

Pour finir, Marie-Stella nous disait en début d’interview qu’après 6 ans dans sa société elle avait envie de changer mais ne savait pas quoi faire et du coup ne bougeait pas trop …

L’expatriation l’a sauvée !

Mais comme vous n’avez pas tous cette solution, un bilan peut vous aider à faire le tri, je vous propose des solutions du début de questionnement à la mise en place complète du projet selon vos envies !

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